Faire venir son personnel de maison étranger en Suisse : ce que les familles UHNW doivent vraiment savoir

ÉCRIT PAR
soraya

Beaucoup de familles HNW et UHNW qui s’installent à Genève ou Zurich arrivent avec la même certitude : leur chef privé japonais, leur nanny anglaise ou leur majordome français les suivra. Et puis la réalité administrative suisse s’impose.

Ce n’est pas impossible. Mais c’est rarement simple.

Morgan-Richez-founder-morgan-mallet-agency

Morgan Richez, cofondateur de Morgan & Mallet International le voit régulièrement. « Les familles pensent que parce qu’elles ont de bons avocats et de bons comptables, la question des permis sera réglée rapidement. Parfois oui. Parfois elles attendent six mois, et pendant ce temps leur personnel reste bloqué à l’étranger. »

Voici ce que vous devez savoir avant de commencer les démarches.

La règle de base : tout dépend du passeport de votre employé de maison

La Suisse applique une distinction stricte entre les ressortissants de l’Union européenne et de l’AELE d’un côté, et les ressortissants de pays tiers de l’autre.

Passeport UE ou AELE. Un chef privé français, une nanny espagnole ou un majordome italien peuvent venir travailler en Suisse dans le cadre de l’Accord sur la libre circulation des personnes. Ils s’inscrivent auprès de la commune de résidence dans les 90 jours, obtiennent un permis L (séjour de courte durée) ou B (séjour d’une année renouvelable), et la procédure est relativement directe.

Passeport hors UE. Un chef japonais, une gouvernante britannique post-Brexit, une nanny américaine, c’est une autre affaire. Ils entrent dans le contingent des permis de travail réservé aux ressortissants d’États tiers, géré par les cantons. Les quotas sont limités et les critères stricts : la Suisse doit démontrer qu’aucun candidat suisse ou européen n’est disponible pour le poste.

En pratique, pour du personnel de maison hautement spécialisé, un chef formé dans une maison royale, une nanny Montessori trilingue, cette démonstration est possible. Mais elle prend du temps et demande une préparation rigoureuse du dossier.

Le canton compte autant que la nationalité

C’est un point que beaucoup de familles ignorent. La Suisse est un État fédéral, et les permis de travail pour les ressortissants hors UE sont gérés au niveau cantonal. Les quotas, les délais de traitement et l’interprétation des règles varient significativement entre Genève, Zurich, Vaud ou le Valais.

Genève, qui accueille de nombreuses organisations internationales et familles VIP, a l’habitude des demandes pour du personnel de maison spécialisé. Certains autres cantons sont moins familiers avec ces profils et traitent les dossiers plus lentement.

Si vous installez votre résidence principale à Gstaad mais passez la moitié de l’année à Genève, la question du canton de rattachement de votre personnel n’est pas anodine.

Ce que coûte réellement un employé de maison étranger en Suisse

Les familles qui viennent d’autres pays sont souvent surprises par le coût total d’un employé en Suisse, bien au-delà du salaire brut.

La Suisse a parmi les salaires du personnel de maison les plus élevés au monde. Selon le rapport annuel 2026 de Morgan & Mallet International, établi à partir de l’analyse de plus de 200 000 profils de candidats, les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • Une infirmière de maternité peut atteindre 165 568 CHF par an en Suisse, le salaire le plus élevé au monde pour ce rôle.
  • Une gouvernante de maison : jusqu’à 138 863 CHF.
  • Une nanny : jusqu’à 128 181 CHF.
  • Un majordome : entre CHF 110 000 et 130 000 brut annuels.

À cela s’ajoutent les charges sociales suisses (AVS, AI, APG, AC), le 2e pilier (LPP), le 13e mois qui est d’usage dans beaucoup de cantons, et souvent le logement si le poste est logé.

« Quand on intègre toutes les charges, certaines familles réalisent que garder leur chef de confiance en Suisse va leur coûter 40 à 50 % de plus qu’à Dubaï ou à Paris », note Morgan Richez. « Ce n’est pas une raison de ne pas le faire, si le candidat connaît parfaitement vos goûts, vos enfants, vos habitudes depuis cinq ans, sa valeur est inestimable. Mais il faut le prévoir. »

Les profils qui passent les filtres, et ceux qui butent

Tous les candidats étrangers ne se valent pas aux yeux des autorités suisses.

Les profils qui passent bien : Un chef privé avec un parcours documenté dans des maisons UHNW, des références nominatives vérifiables, et une spécialisation claire (cuisine japonaise, régimes thérapeutiques, cuisine de chasse) a de bonnes chances d’obtenir un permis. Il en va de même pour une gouvernante principale qui gère plusieurs propriétés et supervise une équipe, ou une nanny avec une double qualification Montessori et plusieurs langues.

Les profils qui se compliquent : Un candidat avec des gaps dans son parcours, des références vagues, ou un rôle difficile à distinguer de ce qu’un candidat suisse ou européen pourrait occuper. L’administration cantonale cherche la spécificité. Plus le dossier est générique, plus il est challengé.

Morgan Richez insiste sur ce point : « On aide les familles à rédiger une description de poste qui reflète vraiment ce qu’elles ont besoin. Pas une fiche générique. Si votre chef parle couramment mandarin parce que vous recevez souvent des partenaires chinois, si votre nanny gère les formations scolaires dans trois pays différents, tout ça doit être dans le dossier. C’est ce qui fait la différence. »

Quand la famille part : la mobilité internationale du personnel

C’est la vraie complexité pour les familles multi-résidences.

Votre nanny travaille pour vous à Genève. En juillet, vous partez deux mois dans votre villa à Saint Tropez. En novembre, trois semaines à Dubaï. Votre nanny vous suit, mais son statut légal change à chaque frontière.

Un permis de travail suisse n’autorise pas à travailler en Italie ou aux Émirats. Et un employé en déplacement avec sa famille n’est pas en vacances : il est en service. Les implications fiscales et sociales sont réelles.

« C’est exactement pourquoi les family offices nous contactent de plus en plus », explique Morgan Richez. « Ils ne cherchent plus juste un recruteur. Ils veulent quelqu’un qui connaît les règles dans chaque pays, qui a des bureaux à Genève, à Paris, à Dubaï, à Londres, et qui peut coordonner tout ça. Parce que quand on gère du personnel sur quatre fuseaux horaires, les erreurs coûtent très cher. »

Morgan & Mallet opère depuis huit bureaux sur quatre continents, New York, Los Angeles, Miami, Londres, Monaco, Paris, Genève et Dubaï, précisément pour répondre à cette réalité du client UHNW moderne.

Les NDA en Suisse : indispensables, mais à rédiger localement

Une erreur fréquente consiste à utiliser des NDA rédigés dans un autre pays. Un accord de confidentialité signé sous droit anglais ou californien n’est pas automatiquement exécutoire en Suisse. Le droit du travail suisse a ses propres règles sur ce que l’on peut et ne peut pas imposer à un employé.

Un NDA suisse bien rédigé protège vos intérêts. Un NDA mal adapté donne une fausse impression de sécurité.

Combien de temps faut-il compter ?

Pour un ressortissant UE, comptez deux à six semaines entre la demande de permis et l’entrée en service, selon le canton et la réactivité des parties.

Pour un ressortissant hors UE, la fourchette réaliste est trois à six mois, parfois davantage si le quota cantonal est atteint ou si le dossier doit être renvoyé pour complément.

C’est pourquoi il est fortement déconseillé d’attendre d’être installé en Suisse pour commencer les démarches. Les familles qui anticipent six mois avant leur déménagement ont les meilleures chances de garder leur personnel de confiance.

FAQ — Les questions que posent vraiment les clients

Mon employé peut-il venir en Suisse avec un visa touriste le temps que les démarches s’arrangent ? Non. Travailler en Suisse avec un visa touriste,  même pour « dépanner », est illégal. Les conséquences pour l’employé peuvent aller jusqu’à l’interdiction d’entrée sur le territoire suisse. Pour l’employeur, les risques légaux et fiscaux sont également réels.

Mon employé est britannique. Le Brexit change-t-il quelque chose pour la Suisse ? Oui. Depuis 2021, les ressortissants britanniques ne bénéficient plus de la libre circulation avec la Suisse. Ils sont traités comme des ressortissants de pays tiers et entrent dans le contingent limité. Les dossiers restent faisables pour des profils qualifiés, mais la procédure est plus longue.

Peut-on faire un essai de quelques semaines avant d’engager les démarches officielles ? Légalement, non. Toute prestation de travail sur le sol suisse, même courte, requiert une autorisation. Il existe des régimes spécifiques pour les missions de très courte durée (moins de 90 jours pour certains services), mais ils ne s’appliquent pas au travail domestique classique.

Mon majordome était déclaré en France. Dois-je tout recommencer en Suisse ? Oui. Les cotisations sociales françaises (Urssaf, retraite) et suisses (AVS, LPP) sont deux systèmes distincts. Votre employé aura des droits acquis dans les deux pays, mais vous devrez établir un nouveau contrat de travail suisse et affilier votre employé aux caisses compétentes dans votre canton.

Mon employé parle-t-il la bonne langue pour vivre en Suisse ? C’est une vraie question pratique que peu de familles posent à l’avance. Genève et le canton de Vaud fonctionnent en français. Zurich et la Suisse alémanique en allemand. Un chef japonais habitué à travailler dans des maisons anglophones à Dubaï peut se retrouver très isolé à Zurich s’il ne parle ni allemand ni français. L’intégration du personnel dans la vie locale, médecin, école pour ses enfants, transports, mérite d’être préparée.

Que se passe-t-il si mon employé ne veut finalement pas venir en Suisse ? Cela arrive, et c’est plus fréquent qu’on ne le croit. Certains candidats, une fois informés du coût de la vie suisse, du manque de communauté, ou de la distance avec leur famille, reculent. C’est une raison supplémentaire d’avoir un plan B avec une agence comme Morgan & Mallet, qui dispose d’une base de 200 000 candidats prévetés disponibles dans les huit pays où elle opère.

Vous envisagez d’installer votre résidence principale ou secondaire en Suisse ? Morgan & Mallet International vous accompagne sur l’ensemble du recrutement et peut vous orienter vers les conseils juridiques appropriés pour structurer les contrats et permis dans les règles. Contactez notre bureau de Genève pour un premier échange confidentiel.

Partagez cet article

Related Articles

Recherche de personnel de maison

Nous vous assistons pour trouver les meilleurs employés de maison

CE FORMULAIRE EST DESTINÉ AUX employeurs qui recherchent du personnel de maison. Pour postuler, cliquez sur notre JOBS BOARD.

Se faire rappeler

Remplissez le formulaire ci-dessous et nous vous contacterons dans les plus brefs délais.

Information Contact
Prendre rendez-vous avec l'un de nos agents

Vous souhaitez vous entretenir avec un recruteur pour vous aider à personnaliser votre recrutement. Choisissez une date dans la liste des rendez-vous disponibles et laissez-vous guider.